Diagnostic du syndrome de Diogène : qui, comment ?
Pas de test, pas de demande de la personne, beaucoup de déni : diagnostiquer le syndrome de Diogène est délicat. Qui peut le poser, comment se passe l'évaluation, et quels diagnostics ne pas confondre.
Sommaire de l'article
Le syndrome de Diogène se diagnostique par l'observation clinique, jamais par un test : il faut un regard extérieur, car la personne ne demande rien. L'évaluation, souvent pluridisciplinaire, repose sur l'association des signes et recherche les troubles associés.
- Un diagnostic clinique : pas de test biologique, on observe.
- Toujours de l'extérieur : la personne ne se sent pas malade.
- Plusieurs intervenants : médecin, psychiatre/psychologue, gériatre, travailleurs sociaux.
- Bien distinguer : TOC, démence, dépression, précarité.
Pourquoi le diagnostic est-il si difficile ?
Le syndrome de Diogène est l'un des troubles les plus délicats à diagnostiquer — pour plusieurs raisons qui se cumulent.
D'abord, la personne ne demande rien et ne se perçoit pas malade : le diagnostic ne peut donc venir que de l'extérieur, par un proche ou un soignant. Ensuite, le trouble est mal défini et ne repose sur aucun test biologique : c'est un diagnostic clinique, fondé sur l'observation. Enfin, le déni et le refus d'aide ferment souvent la porte — au sens propre — à toute évaluation. Il n'est pas rare que le syndrome ne soit repéré qu'à l'occasion d'un incident : hospitalisation, signalement du voisinage, dégât des eaux…
Qui peut poser le diagnostic ?
Le diagnostic est presque toujours pluridisciplinaire : plusieurs regards se complètent.
À ces professionnels s'ajoutent souvent les travailleurs sociaux, précieux pour évaluer le logement et la situation globale. Aucun n'appose seul une étiquette définitive : c'est leur concertation qui permet un diagnostic juste et un accompagnement adapté.
Comment se passe l'évaluation ?
Il n'existe pas de protocole unique, mais l'évaluation suit en général ces grandes étapes.
Le repérage
Un proche, un voisin ou un soignant alerte sur des signes inhabituels : accumulation, incurie, isolement.
La première évaluation
Idéalement à domicile, pour observer le cadre de vie réel et établir un premier contact, avec tact.
Le bilan médical et psychologique
Examen de l'état de santé, de l'autonomie et de l'état psychique, à la recherche d'un retentissement.
La recherche de troubles associés
Dépression, TOC, démence… dont la prise en compte oriente la suite. Voir : les causes du syndrome.
Sur quoi repose le diagnostic ?
Le médecin s'appuie sur un faisceau d'éléments observés, plutôt que sur un critère unique :
- Une accumulation compulsive d'objets (syllogomanie)
- Une négligence marquée de l'hygiène et du logement (incurie)
- Un isolement social prononcé
- Un déni du trouble et un refus d'aide
- Un retentissement réel sur la santé ou la sécurité
- L'absence de demande de la personne elle-même
Le syndrome de Diogène n'a pas de code distinct dans les grandes classifications (DSM, CIM) : il est reconnu cliniquement et souvent rattaché aux troubles associés. C'est l'association des signes, et non un seul d'entre eux, qui fait le diagnostic.
Quels diagnostics faut-il écarter ?
Plusieurs situations ressemblent au syndrome de Diogène sans en être ; les distinguer évite les erreurs.
Trouble de l'accumulation
Accumuler sans incurie ni isolement relève plutôt de la syllogomanie isolée.
La syllogomanieDémence / Alzheimer
Le déclin cognitif peut imiter ou accompagner le syndrome : à distinguer et à évaluer.
Diogène & AlzheimerDépression sévère
Repli et négligence peuvent venir d'une dépression, qui appelle un traitement spécifique.
Précarité matérielle
Un logement dégradé par manque de moyens n'est pas un trouble du comportement.
Et après le diagnostic ?
Le diagnostic n'est qu'un point de départ. Vient ensuite l'accompagnement, qui se construit dans la durée et avec l'accord de la personne : suivi médical et psychologique, soutien social, et — presque toujours — un assainissement du logement. Pour la suite concrète : que faire et qui contacter.
Questions fréquentes sur le diagnostic
Cliquez sur une question pour afficher la réponse
Comment diagnostique-t-on le syndrome de Diogène ?
Existe-t-il un test pour le syndrome de Diogène ?
Qui peut poser le diagnostic ?
Peut-on diagnostiquer le syndrome sans voir la personne ?
Le syndrome de Diogène est-il dans le DSM ou la CIM ?
Combien de temps prend le diagnostic ?
Que faire si la personne refuse de voir un médecin ?
Lorsque le logement est très dégradé, un désencombrement et un nettoyage en profondeur s'imposent souvent après l'évaluation. À Lille et dans les Hauts-de-France, Soli'Débarras intervient avec discrétion. Voir le débarras Diogène.
Sources et références
- A. Clark, G. D. Mankikar, I. Gray. « Diogenes syndrome : a clinical study of gross neglect in old age », The Lancet, 1975. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
- Jean-Claude Monfort et al. « Diogenes syndrome : a prospective observational study », 2017. hal.science
- Syndrome de Diogène — Wikipédia. fr.wikipedia.org
- Office québécois de la langue française — fiche « syndrome de Diogène ». vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca
Contenu rédigé avec le concours de Manon Hengbart, assistante sociale de formation. Cet article a une vocation informative et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé. En cas d'urgence ou de danger, contactez les services compétents.