Souris dans la maison : pourquoi elles entrent, les signes à repérer et comment réagir

Des grattements dans une cloison la nuit, de petites crottes noires sous l’évier ou dans les combles : c’est souvent ainsi que se signalent des souris dans la maison. À l’approche de l’hiver, la souris domestique cherche dans les bâtiments de la chaleur, un abri où installer son nid et de la nourriture. Voici comment reconnaître les signes, distinguer une souris d’un rat, mesurer les risques réels pour la santé et agir dans le bon ordre.
L’essentiel : que faire tout de suite
- Chercher les crottes le long des murs, sous l’évier et dans les combles.
- Fermer l’accès aux denrées et aux déchets ; jeter ce qui a été grignoté.
- Aérer et humidifier avant de ramasser, sans jamais balayer à sec.
- Porter des gants étanches et un masque FFP2 pour nettoyer.
- Colmater les fentes, même étroites, une fois la présence traitée.
- Crottes nettement plus grosses ou signes qui reviennent : faire identifier l’espèce.
Pourquoi les souris entrent dans la maison quand le froid arrive
Les bâtiments offrent à la souris domestique ce qu’elle recherche, en particulier en hiver : un endroit chaud, un abri pour nicher et de quoi se nourrir.
Cette espèce, aussi appelée souris grise, vit au contact de l’homme. On la rencontre dans les maisons et dans des bâtiments de toute sorte, y compris les magasins et les entrepôts.
Quand la nourriture ne manque pas, la souris grise se reproduit toute l’année, avec plusieurs portées par an de quelques petits chacune : des signes peuvent donc apparaître en été comme en hiver.
Par où les souris entrent-elles dans la maison ?
La souris s’installe à tous les niveaux d’une maison : dans les combles, dans le vide des cloisons et sous les planchers. Pour y parvenir, elle emprunte des passages souvent discrets : l’espace laissé autour des canalisations, les ouvertures de ventilation, le jour sous les portes.
5 mm : une fente de cette taille suffit à une souris.
1,5 cm environ : l’ouverture qui suffit à un rat.
Ces ouvertures étroites passent facilement inaperçues, ce qui explique qu’un logement fermé en apparence puisse tout de même abriter des souris.
Comment savoir si l’on a des souris : les signes
Un seul indice ne suffit pas toujours à conclure. Plusieurs signes se recoupent : le bruit, les crottes, l’odeur et les dégâts.
Des bruits dans les murs ou au plafond la nuit, est-ce une souris ?
Souris et rats sont surtout actifs au crépuscule et pendant la nuit. C’est souvent à ce moment que l’on entend des grattements ou des déplacements dans les cloisons, les plafonds ou les combles.
Le bruit seul ne permet pas de savoir quel animal est présent. Les crottes, décrites ci-dessous, renseignent davantage.
En appartement ou en maison mitoyenne, le bruit peut aussi provenir d’un logement voisin : ce cas est traité plus bas.
Crottes de souris ou de rat : comment les distinguer ?
Les crottes de souris sont noires, en forme de petit bâtonnet, et mesurent environ 3 à 6 mm de long. On les trouve souvent sous l’évier de la cuisine, près de la chaudière ou dans les combles. Des crottes fraîches sont molles et humides : elles signalent une présence récente.
Des crottes plus grosses orientent plutôt vers un rat. Leur taille et les zones de passage donnent une première indication, que l’identification sur place vient confirmer.
On ne les touche pas à mains nues et on ne les balaie pas à sec : les précautions de nettoyage sont détaillées plus loin.
Odeur, traces et grignotage : les autres indices
Une odeur d’urine persistante et des traces gris foncé sur les surfaces que longent les rongeurs, laissées par le contact répété du pelage, signalent des passages réguliers.
Les rongeurs doivent ronger en permanence pour user leurs incisives. Câbles électriques, tuyaux, boiseries, emballages et denrées peuvent en porter les marques, et des câbles rongés présentent un risque d’incendie d’origine électrique.
Le nid, fait de tissus ou de papiers, se situe sous les planchers ou dans les réserves de nourriture.
Souris, rat ou mulot : comment savoir ?
Identifier le rongeur en cause a une conséquence pratique : on ne traite pas un rat comme une souris, et le protocole change selon l’espèce.
Souris domestique
- Où on le trouve. À tous les niveaux : combles, cloisons, dessous de plancher.
- Passage. Fente de 5 mm.
- Crottes. Noires, en petit bâtonnet, 3 à 6 mm environ.
Rat surmulot
- Où on le trouve. Milieux humides, terriers dans le sol ou les fentes de murs ; souvent les égouts ; sous-sols et caves ; dans une maison, aussi combles, cloisons, dessous de plancher.
- Passage. Ouverture d’environ 1,5 cm.
- Crottes. Plus grosses ; l’espèce se confirme sur place.
Rat noir
- Où on le trouve. Très bon grimpeur.
- Passage. Ouverture d’environ 1,5 cm.
- Crottes. Plus grosses ; l’espèce se confirme sur place.
Le mulot sylvestre, qui vit dans les jardins et les bois, peut lui aussi occuper les habitations en hiver.
Le campagnol roussâtre vit surtout en forêt et en lisière ; il fréquente parfois les bâtiments voisins.
Souris dans la maison : est-ce dangereux ?
Les risques passent par les déjections, l’urine et les denrées souillées, et ils dépendent de l’espèce en cause.
- Les rongeurs font partie des réservoirs animaux des salmonelles, bactéries responsables d’intoxications alimentaires. Dans la cuisine, une denrée dont l’emballage a été grignoté se jette, et le placard se nettoie avec les précautions décrites plus bas.
- Selon Santé publique France, la leptospirose se transmet par contact de la peau abîmée ou des muqueuses avec l’urine d’animaux infectés, ou avec une eau ou une terre humide souillée par cette urine. Les rongeurs figurent parmi ces animaux : rats, ragondins, souris, mulots.
- D’après le Manuel MSD, la souris domestique peut transmettre le virus de la chorioméningite lymphocytaire par des poussières ou des aliments souillés par son urine ou ses déjections. L’infection passe le plus souvent inaperçue ou reste légère, mais chez une femme enceinte elle peut atteindre le fœtus.
D’où vient l’hantavirus présent dans le Nord ?
Selon la fiche de l’INRS consacrée à cette infection, l’hantavirus Puumala est porté en France par le campagnol roussâtre, un petit rongeur des bois et des lisières. L’Institut Pasteur de Lille cite l’Avesnois et une partie du département du Nord parmi les zones françaises où ce virus circule de longue date.
La contamination se fait surtout en respirant des poussières souillées par les déjections de campagnols infectés, par exemple en nettoyant une cave, un grenier ou une dépendance restés longtemps fermés.
La forme présente en France est moins sévère que d’autres formes européennes, et ses complications graves y sont très rares ; les formes très graves souvent citées concernent des hantavirus américains. Des cas isolés liés au virus Séoul, dont le réservoir est le rat surmulot, ont aussi été décrits en France.
Comment nettoyer des crottes de souris
Le Centre national de référence des hantavirus recommande d’aérer un local resté longtemps fermé avant de le nettoyer.
On humidifie ensuite les surfaces et les déjections avant de les ramasser, avec un produit ménager désinfectant ou de l’eau de Javel diluée selon les indications de l’étiquette. On ne balaie pas à sec : l’essentiel est de ne pas remettre la poussière en suspension. Pendant toute l’opération, on porte des gants étanches et un masque FFP2.
Un rongeur mort se manipule avec des gants étanches et se place dans un sac en plastique avant d’être jeté à la poubelle.
Lorsque les déjections ont souillé un plancher, un isolant ou tout un local, le retrait des déjections dépasse le ménage courant.
Que faire pour se débarrasser des souris : les gestes utiles
On repère d’abord les passages : les crottes, les traces de grignotage et le nid indiquent où l’animal circule et où chercher les entrées.
On coupe ensuite l’accès à ce qui attire les souris, en particulier les denrées des placards de cuisine et les déchets, et l’on jette ce qui a été grignoté. Le piégeage mécanique reste possible sans produit biocide.
Une fois la présence traitée, on colmate les fentes, même étroites : sans colmatage des accès, l’infestation revient.
L’arrêté du 20 avril 2017 impose que les raticides destinés aux particuliers soient utilisés dans des boîtes d’appât sécurisées ; leur vente en vrac est interdite et, pour les anticoagulants, la taille des conditionnements est limitée. Les rodenticides réservés aux professionnels ne peuvent être choisis à l’achat et utilisés que par des titulaires d’un Certibiocide, un certificat délivré à une personne et jamais à une entreprise.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Balayer des crottes sèches, surtout dans un local resté fermé : le balai remet les poussières en suspension.
- Toucher un rongeur mort à mains nues.
- Reboucher un trou avant d’avoir traité : un animal resté derrière la cloison n’a plus d’issue.
- Déplacer sans précaution les cartons d’un grenier ou d’une cave où se trouvent des déjections : manipuler des objets empoussiérés dans ces lieux expose aux poussières souillées.
- Compter sur les ultrasons : ces appareils n’ont pas démontré d’efficacité durable contre les rongeurs dans les évaluations scientifiques disponibles.
- Laisser un raticide hors d’une boîte d’appât sécurisée, en particulier là où passent des enfants ou des animaux.
Souris ou rat au grenier, à la cave, dans les murs : que faire ?
Les indices à rechercher et les précautions à prendre diffèrent selon le lieu où apparaissent les signes.
Au grenier, dans les combles ou un faux plafond
Les combles font partie des lieux où la souris s’installe et où l’on trouve souvent ses crottes. Un faux plafond se signale de la même façon : bruits de déplacement la nuit, crottes, odeur.
Des crottes plus grosses dans les combles orientent vers un rat : le surmulot peut lui aussi vivre sous les toits, et le rat noir est très bon grimpeur.
Quand les traces sont récentes, on inspecte avant le débarras du grenier et on applique les précautions de nettoyage : déplacer cartons et vieux isolants remet la poussière en suspension.
Dans la cave : souris ou rat surmulot ?
Le rat surmulot, très bon nageur, préfère les milieux humides et creuse des terriers dans le sol ou les fentes de murs. Il vit souvent dans les égouts et fréquente les sous-sols et les caves.
On y cherche des crottes plus grosses et des terriers, puis on vérifie les passages autour des canalisations et des ventilations : une ouverture d’environ 1,5 cm suffit à un rat.
Dans une cave infestée, le débarras de la cave et le traitement se coordonnent : on retire ce qui sert d’abri et de nourriture, sans jamais balayer les déjections à sec.
Bruit ou odeur dans les murs, en appartement ou en maison mitoyenne
Rongeurs et autres nuisibles passent d’un logement à l’autre par les gaines et les cloisons : on peut entendre des souris sans en trouver chez soi. On cherche alors les crottes au pied des murs et sous l’évier.
Une odeur de décomposition près d’une cloison ou d’un faux plafond peut venir d’un rongeur mort. On ne perce pas la cloison au hasard : on localise d’abord l’odeur et les passages. Le rongeur se retire avec des gants étanches et se place dans un sac en plastique avant d’être jeté à la poubelle.
Dans un immeuble ou un logement loué, on prévient le syndic ou le propriétaire.
Logement encombré ou resté longtemps fermé
Dans une maison très encombrée, le volume sert d’abri : papiers, tissus et denrées accumulés offrent à la souris de quoi nicher et se nourrir. L’ordre des opérations en découle : on débarrasse d’abord pour supprimer abris et ressources, puis on traite.
Un logement, une cave ou un grenier restés longtemps fermés demandent en outre les précautions de nettoyage décrites plus haut : aérer, humidifier, ne pas balayer à sec, porter gants et masque.
Quand faire appel à un professionnel
Faire intervenir un professionnel est préférable dans les situations suivantes :
- Des signes reviennent malgré les gestes décrits plus haut.
- Un rat est présent dans la maison, au grenier ou à la cave : crottes nettement plus grosses, terrier creusé dans le sol ou dans une fente de mur.
- Des déjections en quantité se trouvent dans un grenier, une cave ou un logement resté longtemps fermé.
- Une femme enceinte vit dans le logement : l’exposition à l’urine et aux déjections de souris est à éviter.
- Le logement est encombré et doit être débarrassé avant tout traitement.
Chez Soli’Débarras, à Lille et dans toute la métropole, nos intervenants certifiés Certibiocide identifient d’abord l’espèce et repèrent les passages, puis posent des postes d’appâtage sécurisés et colmatent les accès : une désourisation et une dératisation ne suivent pas le même protocole.

Vos questions fréquentes
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