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Hikikomori : le repli social extrême

Le hikikomori désigne un retrait social profond et prolongé, surtout chez les jeunes : la personne se coupe du monde, parfois durant des années. Origine, signes, causes et lien avec le syndrome de Diogène.

Lecture ~8 min↻ Mis à jour en juin 2026✍ Avec Manon Hengbart, assistante sociale de formation
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Réclusion à domicileParfois des années
Surtout des jeunesAdos et jeunes adultes
Origine japonaiseDésormais mondiale
Ça se travailleLien + accompagnement
Sommaire de l'article
En bref

Le hikikomori est un retrait social extrême et durable, le plus souvent chez des jeunes : la personne reste chez elle, évite les contacts, met entre parenthèses études et travail. Apparu au Japon, il s'observe aujourd'hui partout, dont en France.

  • Un retrait social prolongé (souvent plus de 6 mois).
  • Surtout des adolescents et jeunes adultes.
  • Ni paresse ni caprice : souvent une souffrance (anxiété, harcèlement).
  • Le lien avec le syndrome de Diogène : l'isolement, chez les jeunes.

Qu'est-ce que le hikikomori ?

Le hikikomori (terme japonais) désigne un retrait social volontaire et prolongé : la personne reste chez elle, souvent dans sa chambre, et évite la plupart des contacts sociaux pendant des mois, voire des années.

Ce n'est ni de la paresse ni un simple goût pour la solitude : c'est une forme de souffrance et d'évitement. Le phénomène touche surtout les jeunes, et fait écho à l'isolement que l'on retrouve dans le syndrome de Diogène, mais chez des personnes bien plus jeunes.

Comment le reconnaître ?

Quelques signes, surtout s'ils durent :

  • Rester chez soi (ou dans sa chambre) la quasi-totalité du temps
  • Éviter les contacts sociaux, même avec les proches
  • Mettre de côté les études ou le travail
  • Une inversion du rythme jour/nuit
  • Un repli sur les écrans et les jeux vidéo
  • Une durée qui s'étend sur plusieurs mois
  • Une détresse, de la honte ou de l'anxiété sous-jacentes

Pourquoi se replie-t-on ?

Les ressorts sont multiples : anxiété sociale, harcèlement scolaire, sentiment d'échec ou pression de la performance, dépression, parfois un trouble associé. Le repli devient alors un refuge protecteur face à un monde vécu comme menaçant. Plus il dure, plus il s'auto-entretient : la honte de l'isolement renforce l'isolement.

Du Japon au reste du monde

Le terme a été décrit au Japon dans les années 1990 par le psychiatre Tamaki Saitō, devant l'ampleur du phénomène chez les jeunes. Il est aujourd'hui observé partout dans le monde, France comprise, même si les chiffres restent difficiles à établir. Le hikikomori est désormais reconnu comme un véritable enjeu de santé mentale.

Lien avec le syndrome de Diogène

Hikikomori et syndrome de Diogène partagent un point central : l'isolement social. La réclusion peut aussi s'accompagner d'un encombrement ou d'une négligence de l'espace de vie. Mais les deux se distinguent : le hikikomori concerne surtout des jeunes et se centre sur le retrait social, tandis que le syndrome de Diogène associe accumulation, incurie et déni, plus souvent chez des personnes âgées. Voir aussi : qui est touché par le syndrome de Diogène.

Comment aider ?

On n'aide pas en forçant la porte : le lien passe avant tout.

1

Maintenir le lien sans forcer

Rester présent, sans brusquer ni culpabiliser : une présence patiente vaut mieux qu'une injonction à « sortir ».

2

Proposer un accompagnement

En parler à un médecin ou à un psychologue : l'anxiété sociale et la dépression se soignent.

3

Avancer par petits pas

Reprendre contact avec l'extérieur très progressivement, à son rythme, en valorisant chaque progrès.

Forcer une sortie ou faire honte aggrave le repli. Ce qui aide : la patience, un lien constant et un accompagnement adapté — pour la personne comme pour sa famille.
« Le hikikomori n'est pas un refus du monde : c'est souvent la peur de ne pas y avoir sa place. »

Questions fréquentes sur le hikikomori

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Qu'est-ce que le hikikomori ?
C'est un retrait social extrême et prolongé : la personne reste chez elle et évite les contacts pendant des mois ou des années. Le terme est japonais et concerne surtout les jeunes.
Combien de temps dure le repli ?
On parle souvent de hikikomori au-delà de six mois de réclusion, mais la durée peut atteindre plusieurs années si rien n'est mis en place.
Cela touche-t-il surtout les jeunes ?
Oui, surtout les adolescents et jeunes adultes, même si des personnes plus âgées peuvent aussi être concernées.
Quelles en sont les causes ?
Anxiété sociale, harcèlement, sentiment d'échec, pression de la performance, dépression : le repli devient un refuge face à un monde vécu comme menaçant.
Quel lien avec le syndrome de Diogène ?
Les deux partagent l'isolement social. Mais le hikikomori concerne surtout des jeunes et se centre sur le retrait, là où le syndrome de Diogène associe accumulation, incurie et déni.
Le hikikomori est-il une maladie ?
C'est davantage un comportement de retrait, souvent lié à un trouble (anxiété, dépression) qu'il faut prendre en charge, qu'une maladie en soi.
Comment aider un proche hikikomori ?
En maintenant le lien sans forcer, en proposant un accompagnement médical ou psychologique, et en accompagnant un retour très progressif vers l'extérieur.

Si le repli s'est accompagné d'un encombrement important du logement, un désencombrement respectueux peut aider à retrouver un espace vivable. À Lille et dans les Hauts-de-France, Soli'Débarras intervient avec discrétion. Voir le débarras Diogène.

Sources et références

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